Canal99 vient nous rendre visite à Atecozol

15 Mai 2017 Turicentro Atecozol, Izalco, El Salvador

Événement organisé en partenariat avec la Casa de la Cultura de Izalco et Esfe-Agape
Approche : Tourisme responsable et sauvegarde du patrimoine culturel

Public : 
-Étudiants en gestion et développement touristique de Esfe-Agape
-Lycéens de la terminale Patrimoine Culturel d’Izalco
et Marta et Alba Contreras, toutes deux garde-forestiers de l'ANP Plan de Amayo. 

Grimpeurs d'arbres : Ismael Molina et Brian Vladimir Chinchilla tous deux membres des Grimpeurs de l'Impossible

Pour en savoir plus sur cet événement cliquez ici
 
 
La nouvelle présentatrice de Canal99

  Comme on peut le voir dans cette vidéo, une équipe TV de Canal99 nous a rendu visite lors d’un événement dans le Turicentro Atecozol au Salvador. Tous ont pu voir l’étonnant spectacle de la reporter Briseyda Morán s’essayant à la grimpe d’arbres. Avant de commencer son ascension, il lui fallait trouver un apprenti-journaliste pour la remplacer. Une étudiante en gestion et développement touristique de Esfe-Agape a rapidement réagi en se portant volontaire. Elle s’est prêtée au jeu de manière convaincante. Comme on peut voir dans cette autre vidéo de l’événement, cette jeune fille n’est pas une grande timide. Son aisance orale lui aura permis sans la moindre préparation, de se transformer l’espace de quelques instants en une véritable journaliste reporter d’images.

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 Une couverture médiatique de l’événement, mais une communication ratée

  La couverture de l’événement par des journalistes est une bonne chose pour faire connaître le travail de notre association. Cela nous permet de toucher un plus large public. C’est un plus pour attirer de nouvelles têtes et vendre d’autres événements au bénéfice des jeunes grimpeurs d’arbres salvadoriens formés lors du projet El Imposible 2015. C’est pourquoi nous remercions les journalistes TV de Canal99 d’être venus couvrir l’événement. Pourtant, deux points de détail empêchent que notre satisfaction soit pleine et entière.

 Le premier point qui nous a fait bondir de surprise est le nom donné à leur vidéo : “Rapel en Atecosol”. Si le rappel est la grimpe d’arbres ont bien des points communs, notamment l’utilisation de cordes et de baudriers, ce sont deux disciplines bien distinctes. Le rappel est une technique de descente contrôlée d’un dénivelé vertical lorsque la grimpe d’arbres est un terme générique qui regroupe des techniques d’ascension et de descente permettant de découvrir la strate arborée dans ses trois dimensions : en se déplaçant de branche en branche ou en atteignant la canopée. C’est certes une activité sportive, mais axée sur le respect et la découverte du milieu forestier. Ses applications sont très variées : récolte de graines et de fruits, observation de la nature et accompagnement scientifique et aussi élagage. Voir limiter de cette manière cette discipline que nous nous efforçons de promouvoir comme outil d’éducation environnementale et non comme une simple activité sportive pour accros à l’adrénaline, est un peu décourageant.

 Le deuxième point est que nous aurions aimé que les Grimpeurs de l’Impossible soient nommés pour avoir supervisé l’événement et nous, Nature et Solidarité, pour l’avoir organisé. Et pourquoi pas encore mieux, comme pourtant mentionné aux journalistes, qu’il ait été dit que nous étions à l’origine du projet El Imposible 2015 qui a permis la formation de l’équipe des Grimpeurs de l’Impossible. Souvenez-vous… 

Brian Vladimir Chinchilla, Grimpeur de l’Imposible
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Une bonne leçon

 Vous l’aurez compris, ce court reportage nous a un peu déçu, mais malgré quelques ombres au tableau, il est aussi l’objet de satisfaction. La journaliste Briseyda Morán débute en effet sur une note positive en parlant d’une activité éducative pleine d’enseignement et de divertissement réalisée en présence d’étudiants du lycée d’Izalco et d’Esfe. La Casa de la Cultura de Izalco aura aussi eu son quart d’heure de gloire, même si nous aurions aimé voir apparaître à l’écran son exposition.

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 Cet événement se voulait être un exemple d’intégration d’éléments d’art et culture à une animation touristique où la grimpe d’arbres sert de prétexte à parler de toutes ces choses, mais pas une fin en soi. Au vu de la vidéo de l’équipe de Canal 99, il semble que ce message ait manqué de clarté. Nous avons mal communiqué sur nos activités en établissant pas de manière formelle ce que nous voulions qu’il soit mis en avant. Mais qu’importe, après tout. Nous avons certes commis des erreurs, mais ce n’est que partie remise. A l’avenir, nous ne manquerons pas de mieux informer les journalistes qui couvriront nos événements. Nous ferons ainsi bien attention à ce qu’ils filment les Grimpeurs de l’Impossible et n’oublient pas de mentionner leurs noms.

Ismael Molina, Grimpeur de l’Imposible
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       On aurait aimé que ces journalistes s’attardent un peu plus sur cette dame qui continue sans cesse à travailler pour que la jeunesse salvadorienne connaisse son histoire et ses traditions ancestrales, sans pour autant renier le présent. Elle cherche à leur donner les outils pour qu’ils apprennent à construire un avenir plus enthousiasmant que celui qui se profile à présent. Notre communication mal rodée aura manqué de mettre en lumière cette personne si centrale dans l’organisation de cet événement et bien d’autres auparavant.

Nidia Lara Solano du département Projection Social d’Esfe-Agape
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 Cela fait maintenant trois ans que nous collaborons avec l’ingénieure agronome Nidia Lara Solano. Le temps manquant, nous n’avons pas pu bien décrire en quoi a consisté cette collaboration. Si elle peut sembler s’être bornée à une succession d’événements grimpe d’arbres à différents points du Salvador, il n’en est pourtant rien. C’est d’un projet éducatif bien plus complet mêlant culture, patrimoine, dynamisation de l’économie locale et respect de l’environnement dont il est question.

 Le jour de notre rencontre, c’est dans une école proche de l’Aire Naturelle Protégée Plan de Amayo que pour la première fois nous avons vu Nidia à l’œuvre avec des enfants. Dès notre entrée dans l’école, visiblement très enthousiasmés par son arrivée, les élèves l’assaillirent pour la saluer bruyamment. Ne manquant jamais de jouer son rôle d’éducateur, Nidia les fit réagir en leur demandant : “Alors cet animal sauvage si on le voit, on le tue?”. “Nooon…”, répondirent en chœur les enfants. “Et pourquoi on ne le tue pas?”, “Parce-que lui aussi a le droit de vivre”. L’agitation des enfants cachait quelque chose. Tous mourraient d’impatience de goûter aux gâteaux d’Ojushte apportés par Marta et Alba Contreras. Si pour vous le mot Ojushte n’évoque rien, los cipotes* de cette école vous expliqueront sans difficulté qu’il s’agit d’un grand arbre. D’un des plus majestueux représentants du règne végétal. Depuis le temps que, soucieuses de les voir bien se nourrir, les deux garde-forestiers leur préparent toute sorte de petits plats tels que des gâteaux, des tamales, des tortillas… les enfants de l’école de Plan de Amayo savent bien que ce magnifique colosse de bois et de feuilles est bien trop délicieux et nutritif pour être coupé.

Alba Contreras, garde-forestière de Plan de Amayo grimpant un Ojushte de plus de 40m

 Cela fait donc trois ans qu’avec Nidia nous faisons grimper aux arbres les Salvadoriens. Les toutes premières fois eurent lieu dans l’Aire Naturelle Protégée (ANP) de Plan de Amayo en compagnie de Alba et Marta Contreras, deux femmes garde-forestiers qui protègent cet ultime espace de vie sauvage dans un Salvador connaissant un des taux de déforestation les plus élevés au monde. Car si le pays offre encore de nombreuses splendeurs sauvages, il est inutile de nier que les ressources les plus élémentaires comme l’eau commencent à se tarir dangereusement. Une démonstration de plus que l’écologie n’est pas un luxe. C’est une question de survie.

 Notre collaboration avec l’ingénieure agronome Nidia Lara Solano n’est pas le fait du hasard. Nos routes devaient se croiser. C’est en effectuant des recherches sur l’intégration d’espèces forestières à la diète alimentaire des centroaméricains que nous avons pris connaissance du travail de sécurité et souveraineté alimentaire qu’elle effectue depuis de nombreuses années au Salvador au travers de la promotion de l’Ojushte, un arbre connu en français sous le nom de noix-pain. Lorsque nous avons pris contact avec elle au début de l’année 2014, le projet El Imposible 2015 était encore dans les cartons. A cette époque nos agendas ne nous avaient pas donné l’occasion de nous rencontrer, mais ce travail autour de l’Ojushte que Nidia menait à Plan de Amayo n’avait pas cessé pour autant de nous intéresser. C’est pourquoi nous avons poursuivi nos recherches sur le noix-pain et ainsi noté sa collaboration avec Erica Vohmann du Maya Nut Institute, un nom qui revient souvent quand on cherche à en savoir plus sur cet arbre dont les intéressantes propriétés apportent leur part de réponse à la problématique de la déforestation et à la malnutrition dans les campagnes. 

 Lorsque nous avons rencontré Nidia pour la première fois, le projet El Imposible 2015 était enfin réalisé. Plusieurs jeunes salvadoriens du caserío* San Miguelito venaient de passer leur diplôme d’Initiateur Grimpe d’Arbres les autorisant à encadrer un événement grimpe d’arbres. De cette rencontre est née l’organisation du premier événement dans l’Aire Naturelle Protégée Plan de Amayo. La mission de nos jeunes grimpeurs d’arbres salvadoriens fraîchement diplômés étaient de faire découvrir à un public d’élèves de différents centres éducatifs cette technique jusque là inconnue au Salvador. Un grand défi qu’ils n’auront pas manqué de relever.

 Un arbre dépassant les 40 m que les anciens incorporaient à leur diète alimentaire était déjà forcément très attractif pour nous. Apprendre que ses extraordinaires qualités nutritives en font un aliment plus complet que la plupart des céréales ou légumineuses avaient fini de sceller cette rencontre avec Nidia Lara Solano de Esfe-Agape. C’est ainsi que nous avons organisé le premier événement grimpe d’arbres à Plan de Amayo. Une journée à marquer d’une pierre blanche. Nous apportions une technique qui changeait les règles du jeu. Avant notre venue, ceux qui côtoyaient cet ami arbre depuis toujours n’avaient d’autre remède pour récolter ses fruits encore frais, toujours entourés de leur délicieuse pulpe sucrée, que de risquer leur vie en essayant d’atteindre ses premières branches fructifères, des branches culminant souvent à plus de 20 mètres du sol. Un garde-forestier d’El Imposible, le plus grand parc national du Salvador, mit fin à cette époque. Ce jeune travaillant pour le Ministère de l’Environnement (MARN) fut le premier à se hisser sur les plus hautes branches d’un des plus grands Ojushte de l’Aire Naturelle Protégée (ANP) Plan de Amayo. Un arbre que tous connaissaient de longue date. Un géant connu des humains pour sa générosité. Un sympathique voisin qui jamais n’avait daigné remplir les estomacs affamés. Le grimper fut d’autant plus magnifique. Grâce à la grimpe d’arbres, enfin le développement de son fruit allait pouvoir être étudié et permettre ainsi de faciliter sa mise en culture.

Photo du fruit de l’Ojushte prise à 40m du sol. Crédito: Martin Gonzalez Chinchilla, guardarecursos del Parque Nacional El Imposible
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Sylvia, élève en Gestion et Développement Touristique d’Esfe-Agape
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 Ce qui n’a pas pu être dit devant les caméras de Canal 99 peut bien être dit ici.  Nous remercions Sylvia, une autre élève d’Esfe-Agape. Sylvia aura à quatre reprises participé à un événement organisé en partenariat avec Esfe-Agape. Elle fait partie de ces jeunes qui ont toujours répondu présent. Elle aura été plus qu’une spectatrice, mais un acteur qui a bien assimilé le concept d’un événement qui réunit autour de la grimpe d’arbres tout un éventail de thématiques. Elle nous aura démontré ses talents de grimpeuse en plus de confirmer que les filles de la filière gestion touristique de cette école supérieure sont bien dégourdies et à l’aise pour parler en public.

Merci Sylvia

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  Allez. Il est temps de se remettre au travail avant de renfiler nos chaussures et remettre nos sacs à dos sur nos épaules pour aller sillonner les routes d’Amérique Centrale. Au lieu de nous plaindre des quelques ratés, profitons plutôt de voir Griseyda grimper aux arbres. Gageons simplement de ne pas reproduire les mêmes erreurs. La prochaine fois nous prendrons le temps de bien nous expliquer auprès de qui nous viendra nous rendre visite avant de passer de l’ombre à la lumière des projecteurs. 

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________Notes et Bibliographie________

 

*Cipote : mot signifiant enfant. Il provient sans-doute du mot “sepotl”, un mot Nahuatl Pipil, une langue précolombienne parlée au Salvador. Le dictionnaire des mots salvadoriens donne plusieurs traduction à “sepotl” : “desvalido” qui peut se traduire par démuni et “entumido”. Ce dernier mot a de nombreux sens :

en Espagne il signifie timide,

 au Chili qui a très froid

au Mexique se dit d’un muscle, d’un membre endormi

  • En Espagnol (Castillan) les mots dérivés du Nahuatl sont souvent appelé “nahuatismo”.
  • Les mots typiques du “caliche”, l’argot salvadorien sont souvent qualifiés de “salvadoreñismos”. Ces mots peuvent être issus du Nahuatl, mais aussi d’autres langues autochtones comme le Pocomam, des dialectes Lenca etc. Certains mots ont des origines plus incertaines et il en est même qui dérivent du français ou de l’anglais.

Source: Diccionario de palabras salvadoreñas

Posiblemente de SEPOCTI, desvalido, entumido. Nombre que se les da a los niños.
http://www.elsalvadormipais.com/palabras-que-caracterizan-a-un-salvadoreno

    • *Caserío : Le caserío est la plus petite division administrative du Salvador. Elle est employée essentiellement en zone rurale. En français Cette division peut correspondre à villages, hameaux ou lieux-dits, soit un ensemble formé par un nombre réduit de maison.

Source: Real Academía Española 

http://dle.rae.es/?id=7oKNpTyD

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En apprendre plus sur l’ANP Plan de Amayo
 

Conservación de los recursos naturales del ANP Plan de Amayo

http://www.esfe.agape.edu.sv

Un área protegida pequeña que brinda grandes beneficios 

http://www.fiaes.org.sv/boletin/080803.html

AGAPE – AGAPE from El Salvador Association

https://www.fiaes.org.sv/category/proyectos/agape-asociacion-agape-de-el-salvador/?lang=en

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