Les ADESCO

 ADESCO : Associations de Développement Communal

 Les années 80 furent le théâtre de réformes au code municipal salvadorien impulsées par une dynamique de décentralisation administrative et de relatif apaisement du climat social, dans un contexte de guerre civile. Sa réforme législative de 1986 (1) octroie de plus grandes responsabilités administratives aux autorités locales et plus d’autonomie fiscale. Le Code Municipal du Salvador encadre désormais la participation citoyenne et considère que le gouvernement doit en faire la promotion.

 Le nouveau code reconnaît différents mécanismes de participation citoyenne (art 116) et permet la constitution d’associations communales formées d’un minimum de vingt-cinq membres d’une même commune. Ces mécanismes, peuvent prendre diverses formes. Il peut s’agir par exemple, d’assemblées de quartier ou de consultations populaires. Associations étudiantes, collectifs de femmes regroupées autour d’un projet social ou commercial et autres groupes de défense de l’environnement, viennent compléter ce tissu social. Afin de prendre acte de leur existence, leur conférant de cette manière une certaine reconnaissance légale, la loi instaure la création de secrétariats municipaux, Quant aux associations communales, elles sont autorisées à étudier, à analyser la réalité sociale et à évaluer les nécessités locales, mais aussi à élaborer des projets tant qu’ils bénéficient équitablement à la communauté. La loi accorde ainsi une pleine reconnaissance juridique aux Associations de Développement Communal (ADESCO), lesquelles sont des espaces permanents de participation citoyenne.

 

 Les ADESCO sont des ONG communautaires de développement. Formées par la société civile, ces organisations sont représentatives des couches les plus marginalisées de la société salvadorienne. Situées jusque dans les coins les plus reculées, elles n’en démontrent pas moins de grandes capacités pour capter l’aide internationale. Il est commun qu’elles formulent des projets, parfois complexes. Se faisant, elles présentent la particularité d’être à la fois attributaire de l’aide internationale et des programmes gouvernementaux, tout en prenant part à l’exécution des projets dont elles sont bénéficiaires. Elles forment un point d’ancrage permettant aux ONG et aux OG d’accomplir leurs objectifs de travail. C’est pourquoi, particulièrement en zone rurale, au Salvador il est rare qu’un projet de coopération ait lieu sans participation d’une ADESCO.

 Global Study Participation est un des seuls sites à proposer en français des éléments de compréhension de la participation citoyenne en Amérique Centrale (2). Il fait mention d’un élément centrale de l’éducation populaire latino-américaine, des micro-formations nommées capacitaciones. Les ADESCO facilitent leur mise en œuvre en identifiant les besoins de nouvelles compétences dans leur communauté. Intervenant dans toutes les problématiques rencontrées en zone rurale, elles forment un vecteur essentiel de l’éducation populaire.

 Il existe partout en Amérique Latine des organisations au fonctionnement similaire à celui des ADESCO. Cette organisation sociale horizontale est une de ses plus grandes richesses, un témoignage de la lutte pour de meilleures conditions de vie, un monde plus équitable et la recherche d’une moindre prédation des ressources naturelles.


Bibliographie

(1)Código Municipal de El Salvador, enero 1986, Decreto Legislativo N°274, 31

(2)Groupe URD, Mai 2002.  Site Global Study Participation. ‘La Participation Vue d’Amérique Centrale’. <http://www.globalstudyparticipation.org/francais/methodo/particip.htm>

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