Grimpeurs en route vers l’autonomie

Canton Magdalena, Guatemala, Grimpeurs de l'Impossible, ecotour Quelque chose ne transparaît sans-doute pas de notre communication. Ce sont les moyens employés pour échanger avec nos collaborateurs salvadoriens de part et d’autre de l’Atlantique. Les membres de notre association vivant en majorité en France, il nous est nécessaire d’avoir des relais au Salvador pour y réaliser nos projets. Cette année 2015/2016,  c’est principalement Juan Carlos Lozano qui a joué ce rôle. A la fois notre coordinateur local et celui de Reforestando El Salvador, il a été le pilier sur lequel nous avons pu nous reposer pour développer nos activités. Sans son aide et celle de son réseau, le suivi de projet d’El Imposible 2015 aurait été, c’est le cas de le dire… impossible. Ou presque.

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ANP San Andrés / Reforestando por la Vida 2016

  Notre départ du Salvador l’an passé, n’aura pas signé pour autant la fin de nos activités dans le pays. Nous comptons ainsi notamment à notre actif, plusieurs événements de grimpe d’arbres réalisés en notre absence. Ils ont permis aux jeunes riverains du Parque Nacional El imposible de continuer à pratiquer leur activité. Ce n’est pas par magie que nous sommes parvenus à ce résultat. Il a été nécessaire de mettre en place une stratégie de communication qui a souvent relevé du casse-tête. Vous allez comprendre pourquoi.

  A San Miguelito, le caserío* d’où proviennent nos jeunes grimpeurs d’arbres, comme on dit au Salvador, “No pega la señal”. La connexion est parfois si mauvaise qu’il est même difficile de passer un simple appel téléphonique. Autrement dit, les moyens de télécommunications modernes se réduisent souvent au tchat. La patience est de mise, car ne vous attendez à envoyer des textos en rafales. Non, non. C’eût été trop facile ! Il faut bien procéder par étape : envoyer un message court, attendre de voir s’afficher la mention « lu » au bas de la fenêtre de dialogue, être à l’affût de la moindre réaction avant de poursuivre. Je vous laisse imaginer dans ces conditions, le temps que prend le récapitulatif d’une conversation. Quand cette procédure n’est pas respectée, le risque encouru est de faire parvenir de l’autre côté del charco* un message incomplet, une information tronquée possible source de confusion entraînant des ratages dans l’organisation. A l’heure où, même en pleine forêt tropicale, il est commun de voir des ados naviguer sur Internet ou taper à toute vitesse sur leur smartphone, il est vrai que cette situation peut faire sourire. Quand on doit organiser un projet complexe aux multiples composantes et acteurs, comme ce fut le cas pour l’ecotour, l’humeur est moins joyeuse : c’est surtout une source de préoccupation. A l’impossible nul n’est tenu, aurait dit ma vieille mère. J’ai pourtant préféré faire mienne cette phrase (une citation sans-doute apocryphe) souvent attribuée à Mark Twain devenue notre slogan : « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ».

ecoparque el Espino, trepa, arboles, Trepadores del Imposible  Malgré des conditions pas toujours simples, j’ai tout de même pu co-organiser cette année plusieurs événements grimpes d’arbres ainsi que cet ecotour. L’an passé, j’avais préparé à distance El Imposible 2015 avec l’aide de Marisol Sandoval, l’administratrice d’ADECOSAM, notre partenaire local pour ce projet avec lequel nous avions signé des accords de coopération. A notre retour en France, les choses ont évolué différemment. Un jeune en particulier s’est démarqué tout au long de l’année en faisant l’effort de communiquer avec moi et en se rendant disponible pour transmettre les informations aux autres grimpeurs. Son implication aura facilité le suivi du projet El Imposible 2015 et la préparation de l’ecotour. Grâce à ce jeune, Brian, les Grimpeurs de l’Impossible ne font désormais plus reposer l’organisation sur les seules épaules de Marisol : ils ont gagné en autonomie.

 

P.A. Rigaudière


Notes de l’auteur

*Caserío : C’est la plus petite division administrative du Salvador. Elle est employée essentiellement en zone rurale. En français Cette division peut correspondre à villages, hameaux ou lieux-dits, soit un ensemble formé par un nombre réduit de maison.

*El charco : « La flaque ». Ce terme est souvent employé en A. Latine pour se référer à l’Océan Atlantique qui sépare le continent américain de l’Europe.

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