Fraude électorale au Honduras

COMMUNIQUÉ DE PRESSE Nº.4
 
Saute la barrière du cirque médiatique et rends-toi compte de ce qui se passe vraiment au Honduras !
Par l’équipe du documentaire BERTA SOY YO
 
Cet article est un article d’opinion. Les points de vue exprimés ne reflètent pas nécessairement ceux de l’association Nature et Solidarité.
 
Honduras, le 7 de décembre 2017
 
 
MALGRÉ LA MENACE ET LE HARCÈLEMENT NOUS CONTINUERONS A FILMER, C’EST NOTRE DEVOIR. 
 

Le tournage du documentaire BERTA SOY YO se transforme en une opportunité unique pour mettre en lumière la manifestation d’une résistance populaire sans précédent dans le pays.

L’équipe du documentaire BERTA SOY YO dénonce ce qui suit :

1. Nos caméras ont enregistré la répression démesurée des manifestations, les assassinats couverts par l’impunité que confère l’État d’Urgence et l’usage excessif de la force policière, militaire et paramilitaire.

2. Le Tribunal Suprême Électoral (TSE), les autorités des services d’immigration et les forces répressives sont en train de faire barrage et de réprimer le travail des journalistes, des communicateurs sociaux et des défenseurs des Droits Humains.

3. L’équipe de tournage a été l’objet de filatures et de photographies, en particulier à Tegucigalpa (la capitale du Honduras) lorsqu’elle couvrait les manifestations et les activités du Tribunal Suprême Électoral ainsi que les postes de police.

4. Durant une visite au TSE pour enquêter sur les déclarations du Magistrat Marco Ramiro Lobo à propos de l’irréversible tendance en faveur du candidat de l’Alliance contre la dictature, Salvador Nasralla, nous avons été censurés en usant du prétexte que nous de disposions pas des accréditations du TSE. Face à la présence de nos caméras le fonctionnaire du TSE nous a autorisé à entrer comme représentant de notre entreprise à condition de ne pas poser de questions ni de réaliser d’enregistrements audios. Nous avons pu constater que les votes étaient comptés en l’absence d’observateurs internationaux, lesquels avaient été délogés le jour précédent. Plus tard, lors d’une visite nous avons été harcelés par des militaires, censurés par des fonctionnaires du Tribunal et obligés à abandonner les lieux avec comme même argument de ne pas disposer d’accréditations émises par le TSE.  

5. Suite à la suspension des garanties constitutionnelles (État d’urgence) au travers d’un décret dont le premier article établit qu’il sera fait exception des “Communicateurs Sociaux accrédités par le Tribunal Suprême Électoral”, nous avons fait en sorte de remplir les conditions pour solliciter de manière officielle les accréditations, sans succès le moment, nous exposant ainsi à réaliser notre travail sans la protection des autorités qui à l’heure actuelle commandent les Forces Armées.  

6. Les autorités des Services d’immigration sont en train de restreindre le séjour dans le pays à un maximum de trois jours pour la presse internationale, ce qui limite radicalement le travail des journalistes.

7. Le sociologue et présentateur de télévision Milton Benítez, un des personnages du documentaire et membre de l’équipe de tournage, a été pris en filature et reçu des menaces depuis le début du tournage l’an passé faisant suite à l’assassinat de Berta Cáceres. Les menaces sont allées crescendo lors de cette nouvelle étape du tournage au Honduras, au travers de textos par le biais de WhatsApp et d’appels téléphoniques.

8. Nous nous solidarisons avec les journalistes Reed Lindsay des Etats-Unis, Edward Augustin de Grande-Bretagne ainsi que Jihan Hafiz de Nouvelle-Zélande arrivés dans le pays le 5 décembre dernier pour être retenus illégalement durant 23 heures et être finalement expulsés. Reed Lindsay couvrit le coup d’état de 2009 au Honduras et révéla la complicité d’acteurs états-uniens. 

9. Il est de notre responsabilité de continuer à consigner ce qui se passe au Honduras et d’exposer au monde une vérité que les corporations médiatiques cherchent à occulter à tout prix.

10. Faisons en sorte que le gouvernement du Honduras soit tenu responsable d’éventuelles exactions à notre encontre, nous qui travaillons sur ce film (documentaire) ou à l’encontre de n’importe quel collègue journaliste ou communicateur social couvrant les événements dans le pays, et condamnons l’usage de la répression face à l’exigence populaire de transparence du processus électoral. 

Nous plaçons notre confiance dans les organismes internationaux pour qu’ils agissent avec fermeté pour stopper l’escalade répressive contre le peuple hondurien, dont est responsable le TSE et Juan Orlando Hernández. Nous espérons une rapide résolution du conflit et nous vous invitons à vous joindre à ce communiqué comme expression de votre solidarité. 

La camarade Berta Cáceres (dont l’assassinat est l’objet du documentaire) exprima ceci lors des élections de 2013 : “Le peuple hondurien ne peut permettre l’abus de la part des pouvoirs économiques et politiques en place et doit continuer à lutter pour la justice”.

Équipe du tournage de BERTA SOY YO
#BertaSoyYo

Vous pouvez retrouver l’équipe du tournage de BERTA SOY YO sur le web : www.facebook.com/bertasoyyo Diffuser et se réveiller, c’est important!
En savoir plus sur ce projet www.bertasoyyo.com
 
 
 
 
 
 Pour voir le communiqué de presse en version originale, c’est par ici que ça se passe ———->
 

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