Hacienda Merida

Ferry, Ometepe

École bilingue sur l’île de Ometepe

 Avec sa superficie de 8 624km², le Lac Nicaragua (encore appelé Lago Cocibolga) s’apparente à une mer d’eau douce que l’on peut traverser en ferry. Chose unique dans le monde, un requin y a pris ses quartiers. S’il a longtemps été considéré comme endémique de ce lac, Carcharhinus nicaragüensis, est aujourd’hui considéré comme un synonyme de C. Leucas (1), ou requin bulldog (bulldog shark). Cette espèce qui est connue pour sa capacité à s’aventurer en eaux douces, a vu ses effectifs chuter. La présence de l’unique espèce de requin habitant les eaux du Lago Cocibolga est en effet aujourd’hui fortement compromise par les effets de la surpêche qui a alimentée durant des décennies le marché asiatique.

 Panneau entrée Ojo de AguaSituée au milieu du Lac Nicaragua ,  la Isla de Ometepe, formée par deux volcans, est vraiment un lieu pas banal prisé des écotouristes faisant partie du réseau de Réserves de la Biosphère de l’UNESCO (2). Nous avions à l’origine prévu de profiter de notre séjour sur cette île pour visiter la Station Biologique de Ometepe et le Parque Nacional Maderas (3). Après plusieurs mois passés à arpenter les routes avec notre sac à dos, d’un chicken bus à l’autre, de parcs
nationaux en refuge de la vie sylvestre ou de fermes en fermes à faire du WWOOFING, la fatigue commençait à se faire sentir. Nous avons ainsi revu nos ambitions à la baisse en nous contentant pour débuter, de quelques brassées dans le lac avant de prendre le jour suivant le chemin de la Reserva Natural Ojo de Agua où nous avons nagé dans des eaux thermales, dont les riverains vantent à qui veut l’entendre, leurs nombreuses propriétés. Ils semblerait que par le simple fait d’avoir fait trempette ce jour là nous vivrons 100 ans en bonne santé. Nous vous dirons ce qu’il en est d’ici une bonne soixantaine d’années. Wait and see…

P1140037  Durant notre séjour sur Omepete, nous avons logé à l’Hôtel Hacienda Merida qui a reçu de nombreux prix et bénéficie de plusieurs certifications. On peut citer parmi les plus connues celle de Rain Forest Alliance pour un tourisme durable. Sans rentrer dans le débat sur la valeur de ces prix et certifications qui se sont multipliés ces dernières années, Hacienda Merida a attiré notre attention pour son programme de volontariat et son école bilingue. Alvaro Molina, notre hôte, est un homme affable qui a tout de suite accroché à l’idée d’un reportage. Après un tour assez long des installations, nous avons pu nous rendre compte qu’au-delà des certifications, un véritable effort était fait en faveur des énergies renouvelables et des économies d’énergie. Alvaro Molina a tenu à nous montrer les résultats de son programme de volontariat. Il nous a aussi expliqué les difficultés rencontrées, les incohérences récurrentes du monde la coopération.

L’école bilingue

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Table en béton remplie de bouteilles plastique

Hacienda Merida est avant tout un hôtel. Les touristes viennent y chercher un moment de détente et profiter des nombreuses activités qui y sont proposées. A la différence du Costa Rica où il est très facile de trouver des Ticos (Tico=Costaricien ) parlant anglais, au Nicaragua, bien plus pauvre, le voyageur ne maîtrisant pas la langue de Cervantès aura le plus souvent bien du mal à se faire comprendre. Partant de ce constat, Alvaro Molina mit en place un programme de volontariat. Son but : créer une école bilingue grâce à l’aide des volontaires de passage. De ce que nous avons pu en voir, c’est une réussite. En construisant cette école, ce programme s’est attaqué à un autre problème : celui des déchets. C’est effectivement un problème de taille dans toute l’Amérique Centrale comme dans bien trop d’autres endroits dans le monde. Des rivières déposant un limon de polyéthylène et autres dérivés du pétrole sur leurs rives au désormais tristement célèbre océan de plastique, difficile de faire l’impasse sur ce terrible constat. Quoi de mieux finalement que de se servir de cette matière plastique comme matériau de construction? C’est le pari fait par Alvaro Molina. Pari réussi : 1200 bouteilles plastique dans le sol de l’école. Des bouteilles que l’on retrouve jusque dans les murs ou encore dans une table en béton conçue pour l’extérieur. Qu’adviendra-t-il de ce plastique quand ces murs ne seront plus? Cette question reste en suspend. Il nous a pourtant semblé que ce programme avait l’avantage de répondre immédiatement à une urgence par une solution pratique, pas difficile à mettre en œuvre.

Afin d’alimenter constamment sa réserve de bouteille et contribuer ainsi à apporter un début de réponse à cet immense problème, les guides proposant leurs services aux résidents de l’hôtel ont comme obligation de ramener au moins deux bouteilles tous les 15 jours. Cela peut sembler peu. Au vu des réserves constituées ce programme semble avoir de l’avenir devant lui.

(1) Henry B. Bigelow and, William C. Schroeder. Harvard University. ‘Carcharhinus Nicaraguensis, a Synonym of the Bull Shark, C. Leucas’ <http://digitalcommons.unl.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1035&context=ichthynicar>

IUCN Redlist ‘Carcharhinus leucas’ <http://www.iucnredlist.org/details/39372/0>

(2) UNESCO. ‘Les réserves de biosphères – Sites d’apprentissage pour un développement durable’ <http://www.unesco.org/new/fr/natural-sciences/environment/ecological-sciences/biosphere-reserves>.

(3) MARENA. ‘UNESCO certifica la Isla de Ometepe como Reserva de la Biosfera’ <http://www.marena.gob.ni/notas-de-prensa/968-unesco-certifica-a-isla-de-ometepe-como-reserva-de-bisfera>

Alexandra Zamora B. 2009. ‘Fauna y Flora Internacional’. Proyecto Ometepe / FFI Nicaragua. <http://ometepebiosfera.com/downloads/Documentos/DOC.%20TECN%20VOLCAN%20MADERAS.pdf>.

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2 comentarios sobre “Hacienda Merida

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