L’ecotour à San Andres

 L’ecotour qui avait débuté le jour précédent par une visite de la Casa Orgánica et de l’Espacio Cultural la Hacienda allait se poursuivre ce samedi 5 mars 2016 par un événement de grimpe d’arbres dans l’Aire Naturelle Protégée (ANP) San Andrés, dans cette même forêt où les Grimpeurs de l’Impossible avaient pour la première fois l’an passé, encadré seuls une animation en l’absence des formateurs et des membres de notre association.

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Au loin sur la colline, l’ANP San Andrés

  L’ANP San Andrés, c’est quelques 83 hectares déclarés Aire Naturelle Protégée le 4 septembre 2007 qui résistent à la déforestation (1).  Il y a peu encore, cette petite forêt était presque entièrement détruite. L’action de lassociation Alecu a permis depuis sa récupération partielle en faisant respecter ses limites pour éviter ecotour trepadores imposible, san andres, el salvadorl’usurpation de terres et l’abattage illégal d’arbres et d’autre part en mettant en œuvre Reforestando por la Vida. Objectif affiché de cette campagne : protéger la ressource en eau de 15 000 familles. C’est le premier exemple de réponse communautaire à cette très préoccupante problématique de l’accès à l’eau dont nous allions être les témoins tout au long de notre périple au travers de l’Amérique Centrale et le premier exemple d’intégration à Reforestando Centroamérica d’une organisation luttant localement contre la déforestation.

  La veille nous avions planté nos tentes au milieu d’un verger, dans une petite ferme où nous avait conduit Alecu. Après une bonne nuit, tôt le matin, nous avons pris le chemin de l’ANP San Andrés pour mettre en place les installations de grimpe, une randonnée plutôt cocasse entre plaine, montagne et forêt chargés de grosses valises contenant cordes, mousquetons et autre baudrier.

 Une fois arrivés dans l’ANP, les grimpeurs ont sélectionné quelques arbres qu’ils ont sécurisés en les débarrassant des branches mortes qui menaçaient de tomber. Une fois les installations mises en place, le premier événement de grimpe d’arbres de l’ecotour, le coup d’envoi d’une longue série en Amérique Centrale, pouvait démarrer. Seuls manquaient notre public du jour, les membres du Groupe Scout 10 “Kaab Na” de Ciudad Arce.

  Avant de commencer l’activité, les représentants d’Alecu, Luis et la présidente de l’association, Flor, ont pris la parole pour parler de leur expérience dans cette ANP et de l’importance qu’avait à leurs yeux le développement d’une activité – la grimpe d’arbres – qui valorise la présence de grands arbres. C’était d’ailleurs bien un Sans titreobjectif de cette journée, s’amuser en ayant son lot d’émotion de s’élever à plusieurs dizaines de mètre du sol retenu par une simple corde, mais aussi aller à la rencontre des acteurs de la campagne Reforestando Centroamerica et semer quelques graînes de changement. Objectifs remplis en plus d’avoir apporté un peu de publicité aux Grimpeurs de l’Impossible. Pourtant l’heure n’était pas encore au relâchement. Pour pouvoir préparer l’événement suivant prévu pour le lendemain, il nous restait encore à identifier et sécuriser les arbres sélectionnés. Une fois chose faite, enfin nous n’avions plus qu’à nous remplir la panse et refaire le monde avant d’aller dormir.

ecotour de los Trepadores del Imposible

Publié par Nature et Solidarite sur mardi 15 mars 2016

 Après une bonne nuit réparatrice, rebelote. Petite marche,  direction le lieu choisi pour réaliser l’animation lestés de grosses valises, puis inventaire du matériel : on dispose proprement le matériel de grimpe sur une bâche posée au sol, lancé de petit sac (2), on hisse les cordes… Des gestes répétés et répétés maintes fois lors des formations, des gestes devenus une habitude pour les grimpeurs de San Miguelito, des gestes qui allaient marquer de leur empreinte l’ecotour des Grimpeurs de l’Impossible jusqu’à devenir une routine.

 San Andres, ecotour los trepadores del Imposible, El SalvadorLe lieu sélectionné était collé aux ruines de l’ancien ingenio de la famille Dueñas, le premier du Salvador (3). Les arbres choisis étaient assez grands pour garantir de bonnes émotions à notre public du jour, cette fois-ci pas de visiteurs extérieurs, mais uniquement des habitants de San Andrés. Certains passants, visiblement pas au bain de ce qui se tramait, nous regardaient bizarrement au point de s’arrêter et, poussés par la curiosité, finissaient par nous demander ce qui se préparait. Au bout de plusieurs heures d’animation, enfants et adultes du village, toutes celles et ceux qui désiraient grimper, purent le faire et observer de près ces drôles de plantes qui poussent sur le tronc et les branches, des épiphytes telles que des Orchidées ou des Bromeliacées que tous avaient déjà observées de loin sans pouvoir les atteindre. Le deuxième événement de grimpe de l’ecotour se terminait sur un franc succès. Prochaine étape : la Escuela Nacional de Agricultura (ENA) “Roberto Quiñonez” à Ciudad Arce.


 (1) MARN, 28 novembre 2012, p21, Sistema Nacional de Áreas Naturales Protegidas (SINAP)

(2) Petit sac : sac qui se lance pour pouvoir atteindre les branches où l’on souhaite hisser les cordes.

(3) Ingenio : en français, unité de production sucrière de canne à sucre. Il est intéressant de noter que la traduction française de ce mot la plus répandue est « engenho », un mot provenant du portugais. C’est le cas par exemple sur Wikipedia ou dans de nombreux articles en ligne traitant de la production sucrière à base de canne à sucre.

2 pensées sur “L’ecotour à San Andres

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