Chronique de la grimpe à San Andrés 2015

Écrit par Juan Carlos Lozano Abarca

Coordinateur de Reforestando El Salvador

San Salvador, El Salvador, C.A.

11 octobre 2015

 La traversée par les rues du centre urbain du village de San Andrés, un parcours par les sentiers et les souvenirs d’un lieu qui était auparavant connu comme la Hacienda San Andrés de la Famille

San Andrés Nature et Solidarite Juan Carlos
Ruines de l’Ingenio de la Famille Dueñas, San Andrés – foto : Juan Carlos Lozano –

Dueñas, propriétaires de la vallée de Zapotitlán-San Andrés. Les ruines des arcades de l’ingenio (1) Dueñas, nous obligèrent à réaliser la première pause, là où fut construit la première unité de production sucrière de la Famille Dueñas au Salvador ; c’était en ce temps là que l’Ingénieur Civil José Napoleón Duarte (2) dirigeait en personne l’œuvre et le bon fonctionnement des mécanismes qui donnèrent vie aux activités du centre sucrier. Aujourd’hui il ne reste que d’imposants murs en ruines, mais qui ne laissent pourtant pas tomber dans l’oubli ses rêves au travers de ses armoiries estampillés des initiales “FD” au sommet des grandes fenêtres formant des arcades.

 Nous continuâmes la promenade et entrâmes dans la zone tampon, marchâmes entre les sentiers des champs de maïs et en un instant fûmes enveloppés par la majestueuse ombre des arbres de Conacaste (Enterolobium cyclocarpum), c’est le signal qui établit la limite sud de l’Aire Naturelle Protégée (ANP) de San Andrés, l’aire protégée nous reçoit avec un sol humide et un paysage vivant de la diversité de plantes, arbustes et les espèces qui en leur sein y trouvent logement ; une tache verte que les dernières pluies firent revivre. Nous continuâmes en prenant une côte nous incitant à respirer de l’oxygène pur, nous escaladons à pas lents mais constants, une pause et respirons de la vie pour l’âme.

 

San Andrés Nature et Solidarite Juan Carlos Lozano
Enfants et jeunes pratiquant la grimpe sur un arbre de Conacaste, ANP San Andrés
– foto : Juan Carlos Lozano –

Nous arrivâmes à destination, la zone choisie pour faire la démonstration et la pratique libre des techniques de grimpe d’arbres, les personnes se montrèrent très anxieuses et curieuses à la fois de connaître cette modalité nouvelle dans le pays.

 Cordes, mousquetons, baudriers et prusiks sont les objets dont nous imaginons l’usage pour escalader le Mont Everest ou quelconque autre montagne de grande taille et d’accès difficile, mais cette fois-ci la conquête sera de monter jusqu’à la cîme du houppier d’un arbre de Conacaste, vainquant la gravité et expérimentant l’aventure dans les airs.

 Parmi le public, les enfants furent les premiers à se ravigoter et casser la glace, ils mirent l’équipement de sécurité et sous la supervision du groupe de grimpeurs de San Miguelito commencèrent à monter à la corde comme s’il s’agissait d’un escalier jusqu’à la cîme, arrivant jusqu’à la canopée, un paradis caché dans les hauteurs, où se trouvent une infinité d’espèces qui à simple vue restent invisibles ; une opportunité pour étudier

et investiguer le monde des plantes grimpantes, épiphytes, saprophytes, lichens et insectes et définir leurs relations symbiotiques.

 Les jeunes et les adultes ne restèrent pas en retrait, une vue panoramique de l’horizon fut le cadeau offert par la nature pour avoir escaladé à l’aide des cordes installées dans la partie supérieure de l’arbre.

San Andres Nature et Solidarite Juan Carlos Lozano
Vue panoramique de la vallée de Zapotitlán depuis le sud de l’ANP San Andrés. – foto : Juan Carlos Lozano –

 Certaines personnes prirent un bon repos dans un hamac comme récompense pour être arrivé jusque dans la canopée. Depuis les hauteurs nous pensâmes à protéger notre environnement ou plutôt ce qu’il en reste, nous ne pouvons pas imaginer une planète sans arbres et leur biodiversité, nous ne pouvons pas permettre que nos enfants et nos petits-enfants vivent sans la verdure, sans le chant des oiseaux, sans le miel des abeilles et sans un futur Digne.

San Andrés, Nature et Solidarite, Juan Carlos Lozano, Trepa de arboles
Un moment de repos et de réflexion, ANP San Andrés. – foto : Juan Carlos Lozano –.

 La grimpe d’arbres comme une opportunité pour nous rééduquer et renforcer les plans de gestion des réserves et des aires protégées, nous devons redécouvrir que nous faisons partie de la nature et n’en sommes pas les propriétaires, la Terre peut survivre sans les humains, les personnes nous ne pouvons vivre sans l’eau et l’air qu’elle nous donne chaque matin. La grimpe c’est du tourisme écologique parce-qu’elle prend soin de l’arbre et de son milieu.



(1) Ingenio : en français, unité de production sucrière de canne à sucre.  Lors de sa première mention, le terme « ingenio » a été conservé conformément au texte original en espagnol. En revanche, lors de la seconde mention de ce mot en ces termes « el primer ingenio Dueñas »,  il a été remplacé par « la première unité de production sucrière de la Famille Dueñas », ceci afin de faciliter la lecture. Il est intéressant de noter que la traduction française de ce mot la plus répandue est « engenho », un mot provenant du portugais. C’est le cas par exemple sur Wikipedia ou dans de nombreux articles en ligne traitant de la production sucrière à base de canne à sucre.

(2) Né le 23 novembre 1925 et décédé le 23 février 1990, José Napoleón Duarte, ingénieur civil de profession, fut président de la República de El Salvador de 1984 à 1989.

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